G.B. le business pour les nuls
LE BUSINESS POUR LES NULS.
Pas besoin d’être Seguela pour comprendre que dès le début, Carrefour n’a rien compris à l’image d’intégration qu’il devait adopter. Le mot Carrefour chez les belges, prête déjà à confusion. C’est un endroit où il faut faire gaffe parce que synonyme de danger, d’hésitation sur la direction à prendre. Ce mot long et encombrant n’a jamais pu rivaliser avec celui qu’il était censé remplacer. G.B. Çà sonne bien, c’est facile à prononcer et diminutif d’un terme préhistorique cher au cœur des autochtones: Grand Bazar.
Avec de multiples variantes maladroites, les concepteurs français ont tenté de le naturaliser, de le métisser, de le jumeler avec leur label. Hélas pour eux, au nord comme au sud on continue généralement à prononcer GB ou Super. Carrefour restant une consonance étrangère, venued’ailleurs. Le belge est ainsi fait, ce n’est pas nouveau, mais il fallait le savoir. Exemple: Colruyt, pour les français, c’est du martien aussi difficilement prononçable que Van Rompuy. Ils se sont donc bien planté en croyant qu’ils pourraient convertir en une génération les indigènes que nous sommes,.
Malheureusement, quand l’image d’un magasin est confuse, le reste est à l’avenant. On sait aussi que pénétrer dans un GB est chose facile, mais que s’y retrouver dans l’affichage, le plan des rayons et poireauter aux caisses est un vrai parcours de combattants.
Cora, Delhaize, Colruyt, Aldi, Lidl, Inno, Ikea, l’appellation est claire et à l’image de sa marchandise, de sa publicité, de ses services, même si tout y est loin d’ être rose. Le nom d’un magasin ne suffit pas, il doit posséder une griffe, être facilement repérable grâce à un signe graphique non équivoque.
Ici aussi la non-identité Carrefour-Super GB est caricaturale. Il suffit de cliquer sur « logo carrefour » et feuilleter les pages justificatives pour réaliser les limites créatives des champions de marketing qui ont cautionné ce logo nullissime. Deux flèches allant en directions opposées avec un C ésotérique central, la flèche de droite en forme d’ancre(?). Tout ce petit chef d’œuvre scolaire est sur fond de couleurs françaises. Normal, ils sont en zone d’occupation. Kroll ne s’y est pas trompé en transformant en squelette de poisson cet emblème ridicule destiné à orner une poissonnerie de marché en Ardèche. C’est dire si l’amateurisme des concepteurs de têtes de ce « groupe mondial » ne date pas d’hier et que le sentier de la décrépitude a été long, besogneux et très peu lumineux.
Ce triste cas d’école pour marketing pourrait être risible s’ il n’y avait pas derrière ces milliers de gens dont on négocie le sort professionnel dans la précipitation. Toutes ces personnes que nous connaissons de vue font partie de notre quotidien de proximité et nous les aimons. Ces pères et ces mères de famille qui angoissent en imaginant l’avenir de leurs crédits, la population est de tout cœur avec eux.
En attendant, Daniel Bernard, un des Super-amiraux de bateau-lavoir n’aura pas ces craintes. Trente huit bon gros millions d’euros l’attendent pour services rendus, plus un petit pourboire de trois virgule treize petits millions « en échange d’une clause de non concurrence de quatre ans ». Il paraît que personne ne comprend…
Décidément, il y a de la rumba dans l’air.





Votre article suinte l’allergie envers tout ce qui est Français.
J’ai été frappé par le fait que la majeure partie des “Carrefour” qui vont fermer se situent en Flandre. Coïncidence ???
En effet, on ne peut exporter un concept n’importe où. Intermarché l’a mieux compris que Carrefour et s’est bien gardé d’implanter plus de 4 surfaces de vente chez les Flamands.
Combien dans le sud du pays ?
Carrefour a racheté GB. Il n’a pas eu le choix des implantations.
Carrefour a racheté GB. Oui et alors ???
Des pans entiers de notre économie appartiennent aux étrangers et ne vous en déplaise surtout à la France.
C’est ainsi Monsieur Charlier.
Pas autrement.
Mais peut-être avez-vous raison sur 2 points:
1/ G-B = au départ Grand Bazar; une belle définition du belgium en fait.
2/les Français ont fait l’erreur de ne pas rebaptiser leurs magasins et les appeler Kruispunt. Et puis, un logo bleu-blanc-rouge: quelle horreur.
Pour votre érudition, je vous conseille l’excellente intervention suivante à l’adresse
http://moving-society.blogspot.com/2010/02/les-journaux-lont-annonce-avec-fracas.html
publié par Chaos Theory
Merci pour vos réactions, je suis en partie d’accord avec vos arguments sur leur acharnement commercial.
Je ne suis pas allergique aux français, bien loin de là, mais à l’incompétence incompréhensible des
services publicitaires de Carrefour par rapport à la concurrence. Ce n’est qu’une partie du problème, j’en conviens, mais hélas elle a été de taille et a duré des années. C’est surtout cet aveuglement que je tenais à critiquer dans ce texte.
Bien à vous.