Jacques Charlier et Ben Vautier se rencontrent à la Galerie Yoko Uhoda (Liège) du 16 novembre au 14 décembre prochain pour l’exposition “Vous qui souffrez d’art savez de quoi je parle”.

Dans sa série Peintures à la mouche, les diptyques suprematistes expressionnistes pourraient être confondus avec des originaux – si ce n’était des mouches. Le motif de la mouche en peinture était particulièrement populaire entre le Quattrocento et le début du XVIe siècle, car la mouche mettait en valeur la nouvelle virtuosité acquise par les artistes dans leur quête d’une fidèle représentation mimétique de la nature et de la vérité en peinture. L’astuce a pour but d’inspirer la crainte chez le spectateur inconscient, qui tente de chasser la mouche afin de mieux apprécier la beauté de l’œuvre d’art. Charlier utilise la mouche sur ses faux tableaux reconnaissables de différents styles de la tradition occidentale comme symbole de l’éphémère et de la corruption. Il joue sur l’expression prendre la mouche, qui se traduit littéralement par ” prendre la mouche “, mais qui signifie ” s’offenser “.

En l’occurrence, elle témoigne de l’irritation de Charlier face à la frénésie de l’art à la mode et de sa dénonciation de ce rythme effréné.

Les tableaux poétiques et codés révèlent la composition d’une identité artistique aux multiples facettes et réitèrent le plaisir de Charlier à jouer avec tous les styles, puis à les abandonner.

Pour lui, ce sont des outils temporaires au service de ses idées.

 


 

In his series entitled “Peintures à la mouche”, the suprematist-expressionist diptychs could be mistaken for originals – were it not for the flies. The motif of the fly in painting was particularly popularbetween the Quattrocento and the early sixteenth century, since the fly showcased the new virtuosity acquired by artists in their quest for a faithful mimetic representation of nature and for truth in painting. The trick is meant to inspire awe in the unknowing spectator, who attempts to chase away the fly in order to better experience the beauty of the artwork. Charlier uses the fly on his fakes of recognizable paintings from various styles in the Western tradition as a symbol of the ephemeral and of corruption. He plays on the expression “ prendre la mouche” , which translates literally into ‘take the fly’, but which means ‘to take offense’. In this case, it speaks to Charlier’s irritation with, and denunciation of, the frantic pace of fashionable art.

 

The poetic and coded paintings reveal the composition of a multi-faceted artistic identity and reiterate Charlier’s pleasure in playing with, and then discarding, all styles.

 

For him, they are temporary tools at the service of his ideas

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